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Philippe Bihouix

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.

Philippe Bihouix, né le à Saint-Nazaire, est ingénieur et essayiste français. Il est spécialiste de l’épuisement des ressources minérales et promoteur des low-tech.

Citations

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La croissance verte repose essentiellement sur des innovations technologiques qui font appel à des métaux moins répandus, aggravent la complexité des produits, et utilisent des composants high-tech plus durs à recycler. Elles requièrent souvent des performances techniques très pointues qui nécessitent des métaux et des alliages de plus grande pureté et rendent inutilisables les métaux mélangés issus du recyclage. La lutte technologique contre le changement climatique aggravent les risques sur les ressources.
  • Citation de Philippe Bihouix.
  • La Terre vue du ciel, Yann Arthus-Bertrand, éd. La Martinière, 2002  (ISBN 9782732428703), p. 392


Il nous faut donc admettre que l'innovation technologique ne constitue pas une sortie vers le haut - ou qu'en tout cas il serait bien périlleux de tout miser sur elle - et qu'il nous faut inventer ou réinventer des technologies durables, sobres et résilientes, des low-tech par opposition aux high-tech trop gourmandes. Il ne s'agit pas de s'opposer systématiquement au progrès ou à l'innovation, mais de les orienter vers l'économie de matière. Cette démarche consiste à se poser trois questions.

Pourquoi produit-on ? Il s'agit d'abord de questionner intelligemment nos besoins, de réduire en amont, autant que possible, le prélèvement de ressources et la pollution engendrée, de travailler sur la baisse de la demande et pas seulement sur le remplacement de l'offre. [...]

Que produit-on ? Il faut augmenter considérablement la durée de vie des produits et optimiser le recyclage des ressources. La perte de confort serait très limitée tant le gâchis atteint des sommets, entre obsolescence technique ou marketing et culture du tout-jetable. [...]

Comment produit-on ? Il y a aussi une réflexion à mener sur nos modes de production. Doit-on poursuivre la course à la production et à l'effet d'échelle dans des giga-usines, ou faut-il mieux des ateliers et des entreprises à taille humaine, pour les manufactures en particulier ?
  • Citation de Philippe Bihouix.
  • La Terre vue du ciel, Yann Arthus-Bertrand, éd. La Martinière, 2002  (ISBN 9782732428703), p. 392-393


Compte tenu des forces en présence et des tendances de fond, il y a bien sûr une part utopique dans un tel projet. Mais le scénario de statu quo, un maintien ad vitam aeternam de notre civilisation industrielle sur ses bases actuelles, de sa fragile trajectoire en accélération exponentielle, est encore plus irréaliste. [...] Si cette transition est loin d'être évidente à enclencher, nous avons pourtant largement les moyens, techniques, réglementaires, financiers, sociétaux et culturels pour la mener. A condition de le vouloir.
  • Citation de Philippe Bihouix.
  • La Terre vue du ciel, Yann Arthus-Bertrand, éd. La Martinière, 2002  (ISBN 9782732428703), p. 393


L'Âge des low-tech, 2014

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Mais en attendant des solutions extraterrestres, comme la planète a été à peu près entièrement colonisée et explorée, ce qui limite désormais, de facto, les stratégies migratoire et commerciale, nous misons logiquement notre avenir sur l'innovation technologique.
  • (fr) L'Âge des low-tech, Philippe Bihouix, éd. Seuil, coll. « Anthropocène », 2014  (ISBN 9782021160727), p. 22


Il n'y a pas assez de lithium sur terre pour équiper un parc de plusieurs centaines de millions de véhicules électriques, et pas assez de platine pour un parc équivalent de véhicules à hydrogène.
  • (fr) L'Âge des low-tech, Philippe Bihouix, éd. Seuil, coll. « Anthropocène », 2014  (ISBN 9782021160727), p. 78


Plus nous enrichissons nos objets, nos services et nos usines en contenu technologique, plus nous nous éloignons des possibilités d'une économie circulaire.
  • (fr) L'Âge des low-tech, Philippe Bihouix, éd. Seuil, coll. « Anthropocène », 2014  (ISBN 9782021160727), p. 105


Même la question démographique ne peut être éludée, il est évident qu’elle ne permet pas de résoudre nos problèmes à brève échéance. On pourrait peut-être vivre confortablement et sans danger pour les écosystèmes à quelques dizaines de millions sur terre en possédant chacun un gros 4x4 ou un hélicoptère : je n’en suis cependant pas certain, car pour permettre ce type de consommation techniquement avancée, il faut probablement une structure de production bien spécifique, « pyramidale », un déséquilibre dynamique permanent, avec beaucoup de petites mains qui rêvent de s’acheter un 4x4, inaccessible pour eux.
  • (fr) L'Âge des low-tech, Philippe Bihouix, éd. Seuil, coll. « Anthropocène », 2014  (ISBN 9782021160727), p. 112


Notre système économique et industriel, tel James Dean au volant de sa voiture dans « La Fureur de vivre », nous propose d’appuyer à fond sur la pédale d’accélérateur, en espérant que l’on inventera les ailes avant d’atteindre le bord de la falaise. Mais on a vu que ces ailes (les innovations techniques) n’auront pas de voilure ou la portance nécessaire pour éviter le crash. Qu’on le veuille ou non, ne reste donc que l’option, très rationnelle, d’appuyer sur la pédale de frein : réduire, au plus vite et drastiquement, la consommation de ressources par personne. Il ne s’agit donc pas de savoir si l’on va retourner au temps des « Visiteurs », mais bien de savoir comment on peut retourner à une consommation par personne raisonnable (pas celle des « Visiteurs », car on a fait quelques vrais progrès techniques depuis !) tout en conservant les soins dentaires pour tous ! L’enjeu n’est pas entre croissance et décroissance, mais entre décroissance subie — car la question des ressources nous rattrapera à un moment ou à un autre — ou décroissance choisie.
  • (fr) L'Âge des low-tech, Philippe Bihouix, éd. Seuil, coll. « Anthropocène », 2014  (ISBN 9782021160727), p. 112


On a — et on aura — les paysages agricoles et les paysans que nous méritons, ceux de nos choix alimentaires.
  • (fr) L'Âge des low-tech, Philippe Bihouix, éd. Seuil, coll. « Anthropocène », 2014  (ISBN 9782021160727), p. 162


L'apparition de techniques aux rendements ridicules, hier les sables asphaltiques de l'Alberta, au Canada, les agro-carburants des zones tempérées ou des panneaux photovoltaiques dans des zones nordiques, et demain des pétroles de schiste, en est le signe avant-coureur, et la confirmation que le système ne reculera devant aucune absurdité et aucune barbarie pour survivre.
  • (fr) L'Âge des low-tech, Philippe Bihouix, éd. Seuil, coll. « Anthropocène », 2014  (ISBN 9782021160727), p. 239


Le bonheur était pour demain, 2019

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[.] il est probable que de type de savoir [les savoir-faire et les savoirs "comportementaux"], lié à l'autonomie, a plutôt tendance à s'éroder sous l'action de la machine économique qui nous prend en charge. Intellectuellement comme physiquement, toute transmission implique un certain taux de perte d'information, qui ne peut être compensé qu'au prix d'efforts ou d'énergie.
  • (fr) Le bonheur était pour demain, Philippe Bihouix, éd. Seuil, coll. « Anthropocène », 2019  (ISBN 9782021388619), p. 274


Voir aussi

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